Maria Zambrano, philosophe et essayiste espagnole, l’une des penseuses les plus marquantes du XXe siècle.
- npoelaert0
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María Zambrano (1904–1991) était une philosophe, essayiste et l’une des penseuses les plus marquantes de l’Espagne du XXe siècle. Née le 22 avril 1904 à Vélez-Málaga, elle grandit à Madrid et Ségovie, où son père était enseignant et ami du poète Antonio Machado. Elle étudia la philosophie à l’Université de Madrid, où elle fut influencée par José Ortega y Gasset, Xavier Zubiri et Manuel García Morente. Elle fit partie du cercle intellectuel connu sous le nom de Génération de 36, un groupe d’écrivains et de penseurs cherchant à renouveler la culture espagnole durant une période de bouleversements politiques et sociaux.
Son œuvre est caractérisée par son concept de « raison poétique », qu’elle opposa au rationalisme traditionnel, soutenant que la poésie et l’intuition sont essentielles pour comprendre l’existence humaine et la réalité. Ses œuvres majeures incluent « Philosophie et Poésie » (1939), « L’Agonie de l’Europe » (1945) et « Le Rêve créateur » (1965). Elle croyait que la démocratie est la seule forme de gouvernement permettant aux individus de réaliser pleinement leur humanité, et ses écrits explorent souvent des thèmes comme l’exil, la liberté et la quête de sens.
Après la Guerre civile espagnole, Zambrano vécut près de 45 ans en exil, au Mexique, à Cuba, à Porto Rico, en Suisse et aux États-Unis. Pendant cette période, elle enseigna dans diverses universités et continua d’écrire, bien que son travail fut largement ignoré en Espagne jusqu’à la fin du XXe siècle. Son retour en Espagne en 1984 marqua le début de sa reconnaissance publique. Elle reçut le Prix Prince des Asturies en 1981 et le Prix Cervantes en 1988, devenant la première femme et la première philosophe à recevoir la plus haute distinction littéraire espagnole.
María Zambrano mourut à Madrid le 6 février 1991. Aujourd’hui, elle est célébrée comme une figure pionnière de la philosophie espagnole, et son héritage est honoré par de nombreux hommages, dont le nom de la gare principale de Malaga qui lui est dédié.








